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Primaire à gauche : le premier débat met les tensions sur la table

Primaire à gauche : le premier débat met les tensions sur la table

Le premier débat de la gauche a mis en lumière de fortes divergences stratégiques. Les candidats s'affrontent sur l'économie et la question des alliances politiques futures.

Le premier débat de la gauche a mis en lumière de fortes divergences stratégiques. Les candidats s'affrontent sur l'économie et la question des alliances politiques futures.


Les 5 candidats à la primaire de la gauche se sont retrouvés mercredi 23 septembre sur LCI pour une première confrontation télévisée. Pendant 3 heures et demie, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont affiché des convergences sur plusieurs sujets sociaux, avant de se diviser franchement sur Gaza et surtout sur une éventuelle alliance avec La France insoumise.

Une soirée où chacun a cherché sa place

Le débat devait permettre aux cinq prétendants de présenter leur ligne avant la primaire prévue les 9, 10, 16 et 17 octobre. Sur le plateau, les échanges sont restés globalement sérieux, même si plusieurs séquences ont fait monter la tension. Raphaël Glucksmann et Olivier Faure ont notamment été très sollicités. Ségolène Royal a, elle, multiplié les interventions offensives, tandis que Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont tenté de marquer leur différence. La question des alliances a rapidement montré que cette primaire ne se jouera pas uniquement sur les propositions économiques.

Des convergences sur le pouvoir d’achat

Sur les questions économiques et sociales, les candidats ont affiché plusieurs points communs. La hausse du salaire minimum a notamment fait consensus. Chacun a ensuite avancé ses propres mesures : taxe sur les gros héritages et statut pour les mères seules pour Raphaël Glucksmann, indexation des salaires sur l'inflation pour Emmanuel Maurel, sécurité sociale alimentaire pour Olivier Faure ou encore une réforme de l'assurance-maladie défendue par Jérôme Guedj. Le prix des carburants a donné lieu à des approches différentes. Raphaël Glucksmann a défendu des aides ciblées, tandis que Ségolène Royal a plaidé pour une baisse des taxes afin de ramener le prix de l'essence à 1,70 euro le litre. Emmanuel Maurel a insisté sur l'électrification et les aides à la pompe.

Gaza fait exploser les différences

La situation à Gaza a constitué l'une des séquences les plus tendues de la soirée. Olivier Faure a assumé l'utilisation du terme « génocide ». Raphaël Glucksmann a refusé cette qualification et lui a préféré les notions de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, estimant que l'action politique devait primer sur le choix du terme. Ségolène Royal s'est également retrouvée au centre d'un échange tendu après avoir estimé qu'il faudrait davantage de voix israéliennes et juives pour dénoncer la situation à Gaza. Jérôme Guedj lui a reproché cette formulation, tandis que Raphaël Glucksmann a rappelé qu'un Français juif ne pouvait être assimilé au gouvernement israélien. Emmanuel Maurel a, lui, appelé les responsables politiques à mesurer leurs mots dans un pays où vivent d'importantes communautés juive et musulmane.

LFI s'invite au cœur de la primaire

La question de La France insoumise a finalement pris le dessus sur le reste. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj se sont prononcés contre une alliance avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Glucksmann a déclaré qu'il n'y aurait « aucune alliance » avec LFI aux prochaines élections législatives. Olivier Faure défend une ligne différente. Il estime que les forces de gauche devront continuer à travailler ensemble à l'Assemblée nationale et rappelle que les socialistes votent souvent avec les députés insoumis. Il considère aussi que le principal danger politique vient de l'extrême droite. Ségolène Royal a refusé l'idée d'une quelconque soumission à LFI tout en défendant la possibilité d'accords avec différentes forces de gauche, notamment les écologistes et les communistes. Cette divergence dessine donc deux approches : refuser par avance une alliance avec LFI, ou conserver la possibilité de convergences électorales et parlementaires.

Une primaire déjà très tactique

Derrière les propositions, les échanges ont aussi révélé les rapports de force entre les candidats. Ségolène Royal a régulièrement soutenu Olivier Faure et attaqué Raphaël Glucksmann. Jérôme Guedj s'est montré particulièrement offensif sur la question des relations avec LFI. Emmanuel Maurel a tenté de dénoncer ce qu'il considère comme un débat trop centré sur Jean-Luc Mélenchon. Le premier débat aura donc surtout permis de mettre au jour une question qui traversera probablement toute la campagne : quelle gauche veulent construire les 5 candidats et avec quels partenaires ? Les 5 prétendants ont malgré leurs désaccords indiqué qu'ils se rangeraient derrière le vainqueur de la primaire.

Octobre approche

La primaire entrera maintenant dans sa dernière ligne droite avant les 4 journées de vote prévues en octobre. Les prochains débats permettront de voir si les différences apparues sur Gaza, LFI, l'économie et les relations internationales deviennent les principaux thèmes de la campagne ou si les candidats parviennent à déplacer la discussion vers d'autres sujets. Pour suivre cette compétition politique tout en prenant un peu de recul, pourquoi ne pas profiter de l'automne pour découvrir une nouvelle destination ? Entre les capitales européennes, les côtes méditerranéennes et les villes chargées d'histoire, quelques jours ailleurs permettent aussi de changer d'air et de regarder l'actualité avec un peu plus de distance.


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