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Viré après 42 ans de carrière pour avoir livré les colis jusqu’à la porte des habitants

Viré après 42 ans de carrière pour avoir livré les colis jusqu’à la porte des habitants

Licencié de La Poste suisse après 42 ans de service pour avoir continué à livrer les colis aux étages afin d'éviter les vols, le facteur Jean-Daniel Taverney suscite un vif débat entre logique de rentabilité et qualité du service public.

Licencié de La Poste suisse après 42 ans de service pour avoir continué à livrer les colis aux étages afin d'éviter les vols, le facteur Jean-Daniel Taverney suscite un vif débat entre logique de rentabilité et qualité du service public.


Après 42 années passées à La Poste suisse, Jean-Daniel Taverney a été licencié pour avoir continué à monter les colis aux étages des immeubles malgré des consignes internes lui demandant de les déposer dans les espaces communs. Une affaire qui provoque un vif débat entre logique de productivité et qualité du service rendu aux usagers.

Un facteur expérimenté sanctionné pour avoir ignoré les consignes

À Vevey, dans le canton de Vaud, Jean-Daniel Taverney approchait de la retraite lorsqu'il a reçu sa lettre de licenciement en février dernier. Son contrat a officiellement pris fin le 31 mai. Le principal reproche formulé par son employeur concerne sa façon de distribuer les colis. Alors que les directives de La Poste prévoyaient le dépôt des paquets dans les halls ou les espaces communs des immeubles, le facteur continuait à les remettre directement aux habitants à leur étage. Selon lui, cette pratique répondait à une réalité de terrain : de nombreux vols étaient signalés dans certains immeubles. Il estimait que remettre les colis en main propre constituait la meilleure manière de protéger les envois et de satisfaire les usagers.

Un contexte de fortes transformations à la poste

Cette affaire intervient alors que La Poste suisse traverse une période de mutation importante. Le volume du courrier traditionnel diminue depuis plusieurs années tandis que celui des colis explose sous l'effet du commerce en ligne. Cette évolution pousse l'entreprise à revoir son organisation afin de gagner du temps et de réduire certains coûts opérationnels. Pour Jean-Daniel Taverney, cette recherche d'efficacité se fait parfois au détriment du service rendu aux habitants.

Le syndicat monte au créneau

Très impliqué dans l'activité syndicale durant sa carrière, Jean-Daniel Taverney bénéficie aujourd'hui du soutien de Syndicom, le principal syndicat du secteur. L'organisation considère ce licenciement comme injustifié et estime que l'ancien facteur a cherché à préserver la qualité du service public. Elle réclame sa réintégration et envisage de porter l'affaire devant les prud’hommes. De son côté, La Poste refuse de commenter ce cas particulier mais assure que ses décisions ne sont pas liées à l'engagement syndical de ses collaborateurs. L'entreprise rappelle également que le respect des procédures internes est indispensable pour garantir un fonctionnement cohérent sur l'ensemble du territoire.

Des alternatives payantes pour recevoir ses colis

Face aux nouvelles méthodes de distribution, plusieurs solutions existent pour les clients qui souhaitent éviter un dépôt dans le hall de leur immeuble :

  • retrait dans un automate My Post 24 ;
  • récupération dans un point PickPost ;
  • dépôt chez un voisin ;
  • livraison dans un lieu sécurisé choisi par le client ;
  • remise à l'étage sur abonnement.

Certaines de ces options impliquent toutefois un coût annuel supplémentaire pour les particuliers.

Une affaire qui relance le débat sur le service public

L'histoire de Jean-Daniel Taverney dépasse largement le cas d'un seul salarié. Elle pose une question que de nombreux usagers se posent aujourd'hui : jusqu'où les entreprises peuvent-elles standardiser leurs services sans perdre la dimension humaine qui faisait leur réputation ? Pour beaucoup d'habitants, recevoir un colis directement à sa porte relève du simple bon sens. Pour les gestionnaires, chaque minute économisée sur une tournée compte dans un secteur confronté à une concurrence et à des volumes toujours plus importants.

Une chose est sûre : cette affaire venue de Suisse rappelle que derrière chaque colis livré se cachent des choix d'organisation qui transforment peu à peu le quotidien des citoyens. Et pour ceux qui aiment découvrir comment les services publics fonctionnent ailleurs, voyager reste souvent la meilleure façon de comprendre les différentes visions du service aux habitants à travers le monde.


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